Cette année 2020 sera marquée au fer rouge pour notre génération et sans doute celle de nos enfants. Nous n'avions connu ni guerres ni fléaux. Pour la première fois, nous nous sommes retrouvés collectivement dans une situation extrême de confinement. L'exode de certains pour quitter la promiscuité urbaine aurait rappelé à nos ainés les conditions bien plus dramatiques des années 40. Une nouvelle rentrée s'organise enfin.

Nous avons trouvé le moyen de nous protéger, nous distancier, en attendant le vaccin. Comment trouver un élan pour cette rentrée pas comme les autres?

A circonstance exceptionnelle, posture exceptionnelle. Comment prendre appui sur cette nouvelle donne pour booster sa résilience individuelle et collective?

Dans sa genèse, la résilience évoquée par Boris Cyrulnik, est la capacité de retrouver sa forme initiale après un traumatisme. Après une première phase de repli, la phase de reconstruction nous permet de nous retrouver comme au départ. La résilience est comparée à une balle en mousse que l’on déforme. Elle retrouvera sa forme initiale après le choc de la pression. Cette faculté appartient au registre de l’homéostasie.

Edgar Morin, sociologue et philosophe, décrit son histoire dans son dernier ouvrage. Sa force réside dans sa résilience exceptionnelle depuis sa plus tendre enfance. Elle a engendré une ouverture d’esprit, une capacité d’analyse et de projection sociétale tout aussi exceptionnelle.

J’ai eu aussi la chance de découvrir grâce à Christophe Rey de Stimulus, Viktor Frankel. Connu dans la sphère internationale, ce psychiatre avait mis en avant dans ses écrits et son approche pédagogique, l’importance de « la valeur d’attitude », une raison de vivre forte et une capacité de recul et de mise en perspective associée à « la valeur de mise en lien ».

Aujourd’hui, la résilience est une notion utilisée par tous.

Les investisseurs se concentrent sur "des modèles économiques résilients".

Ils entendent par-là, la faculté qu’a une entreprise à rebondir et faire face aux changements et aux cycles économiques. L’objet social, le mode de gouvernance, le déploiement de ses activités, l’ouverture aux opportunités sont clefs.

Cette fois-ci, la résilience s'entend par la dynamique de l'adaptation. Lorsque le contexte change, de nouveaux canaux sont identifiés.

Le changement est permanent et la résilience est un ressort fondamental pour s'adapter et grandir.

Les dirigeants, confrontés à de nouvelles perspectives (ou pour certains un manque de perspectives) ont pour vocation première à être résilients.

La résilience de la gouvernance est un phare dans un paysage marin sous la tempête.

Cette faculté nouvelle qu'ils démontreront pourra se décliner dans les différentes strates de l'entreprise.

La résilience du top management se déploie collectivement. L'exemplarité de sa posture va teinter la résilience de la dynamique collective.

Résilience, mode d’emploi :

Au-delà de l'intention, comment booster sa résilience ?

 Changeons notre perception du monde :

Rien n’est permanent, sauf le changement. La vie professionnelle est un changement permanent et la seule chose qui ne change pas, c’est que tout change tout le temps.

Il nous appartient de nous assouplir devant les événements non prévus et transformer l'adversité en opportunité.

C'est à ce titre que nous cheminerons vers une issue favorable par rapport à une situation initialement non désirée.

Identifions ce qui nous ressource et prenons appui sur notre entourage.

Se ressourcer apporte recul et distanciation par rapport aux événements que nous rencontrons.

Certains se ressourcent par la lecture, d'autres par les voyages. La plupart d’entre-nous prend de l'énergie au contact de relations authentiques et sincères.

La solitude forcée est un obstacle identifié au ressort de la résilience.

Ne cherchons pas à tout contrôler.

Sinon, nos emplois du temps ressembleraient aux plans de batailles de Napoléon.

Ce dernier gagnait ses batailles au prix de l’anticipation de toutes les options de combats.

Les entreprises et leur gouvernance apprennent à prendre appui sur leurs forces et faire confiance à l’intelligence collective pour trouver des issues favorables à leurs enjeux stratégiques.

La confiance booste la confiance.

Ce ressort conduit à stimuler la prise d’initiative et la créativité.

Faisons individuellement et collectivement en sorte que notre rentrée soit résiliente.

Ayons le réflexe de la mise en mouvement :

La réflexion est le préambule de toute décision dès lors qu’elle impacte un collectif et une organisation. La mise en mouvement est la résultante.

Pour cela chacun doit apprendre à rentrer dans un processus de décision court pour accélérer les changements nécessaires à l’adaptation et le ressort par rapport aux nouveaux enjeux sociétaux et économiques.

Apprenons à faire la différence :

Un certain scepticisme ambiant n’est pas une fatalité, tel l’épi de blé qui s’érige dans un champ desséché, prenons l’initiative d’une posture différente et constructive.

Prenons appui sur notre capacité de recul pour aborder cette nouvelle rentrée avec le ressort de la résilience

Bonne rentrée !

 

Marie-Liesse Morgaut

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