L’entretien de recrutement en anglais : une question de confiance.

J’accompagne dirigeants et cadres supérieurs en mouvement, certains en coaching pour se développer au sein de leurs entreprises, d’autres en outplacement pour trouver le job de leurs rêves. Et un des défis auxquels sont confrontées les personnes dans cette deuxième catégorie, c’est l’entretien de recrutement en anglais. Pour beaucoup, ce n’est pas un problème. Mais pour d’autres, l’anglais représente une vraie barrière. Heureusement, environ neuf fois sur dix, il s’agit uniquement d’une barrière psychologique.

Brian is in the kitchen…

Il est vrai que la pratique de l’anglais reste problématique dans certains pays en Europe, notamment l’Italie, l’Espagne et la France. Les raisons sont liées à la l’enseignement, la culture et les médias ; à l’école, la théorie prime encore sur la pratique (merci, Descartes), à la télé la moindre parole en langue étrangère est doublée (le streaming y remédie, mais c’est lent), et à l’Académie Française on s’efforce de ralentir l’évolution normale de la langue sous la bannière du protectionnisme culturel. Et malgré ce contexte, je rencontre plein de dirigeants en transition qui parlent très bien l’anglais. Alors, où est le problème ?

Les petites voix

C’est essentiellement une question de confiance. Ou de croyances limitantes. Ou de petites voix. Et que disent ces voix ? « J’ai un accent affreux ». « Je n’arrive pas à comprendre les Américains / les Écossais ». « Je n’ai qu’un niveau B1, alors qu’il faudrait que je sois au moins un C1 ». « Il me manque du vocabulaire ». Vous vous reconnaissez dans cette liste ? Face à ces croyances, j’ai une méthode quasi-infaillible.

CQFD

Je propose à la personne une simulation d’entretien en anglais, de préférence sur la base d’une annonce qui l’intéresse. Nous menons l’entretien pendant environ un quart d’heure : pitch, quelques questions « piège » … Puis je dis « Vous savez, Bertrand / Delphine, vous n’avez aucun problème d’anglais ». « Ah bon ? ». « Non, du tout. En fait, il faudrait plutôt travailler le fond de votre pitch pour que les exemples de réalisations soient plus percutants… ». Et hop, comme par enchantement, plus de « problème d’anglais ». Je l’ai fait des dizaines de fois, et ça marche pratiquement à tous les coups ; j’en veux pour preuve toutes ces personnes qui ont, depuis, trouvé un travail qui leur convient, sans que la pratique de l’anglais ait été une barrière infranchissable entre elles et le poste convoité.

Vouloir, c’est pouvoir (avec un « voul » à la place du « pouv »)

Faut-il pour autant laisser tomber les cours*, les applis, la lecture, les séries etc. en anglais ? Bien sûr que non. Mais je conseille de laisser tomber surtout cette croyance que votre niveau d’anglais n’est pas à la hauteur. Parler une langue étrangère, c’est surtout communiquer. Et si vous savez communiquer en français, pour peu que vous ayez des bases en anglais et surtout envie de décrocher le poste, vous saurez convaincre, avec en prime un accent tout à fait charmant. Good luck !

*Pour ceux qui cherchent une solution originale et compétitive, contactez Sakina de ma part : https://formyenglish.com/

 

Dean Groman