Passer de la peur à la confiance …

Le véritable leadership commence par soi même… « C’est complètement fou ce que nous vivons » ! Entendais-je récemment en échangeant avec un dirigeant en transition professionnelle que j’accompagne. « J’avais un job important dans lequel j’avais placé ma sécurité » me dit-il. « Je l’ai perdu en un rien de temps. Quand vais-je en retrouver un autre » ? Il continue en me confiant :« J’ai peur, je me sens perdu, j’ai l’impression de ne plus rien contrôler, que tous mes repères se sont effondrés, je suis en plein doute »…

Dans cette réalité…

Cet exemple n’est pas nouveau ni inconnu me direz vous. L’adversité nous touche de manière imprévisible et différente pour chacun. La seule différence réside dans le fait que cet exemple se déroule dans un épisode inédit et historique de l’histoire de l’humanité que nous vivons tous. Véritable amplificateur d’angoisses. Une difficile et complexe réalité dans laquelle se surajoute un fleuve d’informations prospectives déroutantes (sur la santé et l’économie notamment) générant des sentiments d’insécurité, de vulnérabilité, pour certains, de colère, découragement ou impuissance pour d’autres.

Cela est normal car nous nous rendons comptes que nous n’avons pas le contrôle sur cette situation qui nous dépasse, nous plaçant ainsi dans une certaine forme d'humilité.

Aussi, comment choisissons-nous d’y répondre ?

Utilisons notre intelligence émotionnelle…

Ce que nous possédons nous sécurise et peut-être perçu inconsciemment comme un prolongement de nous-même. Nous nous projetons dans ce qui nous appartient, une voiture, une maison, une relation, un bon job… Mais que se passe-t’il lorsque ces biens sont menacés ou disparaissent ? Un va et vient d’émotions et de pensées négatives surgissent et nous assaillent. Une phase de deuil démarre avec cette rupture de liens qui se manifeste par des mouvements émotionnels plus ou moins intenses.

Dans le contexte actuel, prenons la peur et l’anxiété par exemple. Si nous entretenons ces états émotionnels, ceux-ci peuvent nous paralyser et guider notre esprit dans des scénarios encore plus catastrophiques que la réalité elle même, jusqu’à nous couper de notre capacité de créativité et de rebond. Décodons cela…

Chaque émotion que nous ressentons, indique que quelque chose se passe, manifeste un besoin spécifique et délivre un message. Par exemple, la peur indique la présence d’un danger (réel ou subjectif) , manifeste un besoin de sécurité et délivre le message de rationaliser la situation pour se reconnecter à ses ressources et demander de l’aide.

Pour lâcher prise sur le contrôle …

Plus nous nous cristallisons sur l’avenir incertain, en laissant nos peurs et notre impatience nous guider, plus nous entretenons et nous battons contre un état d’anxiété générant plus d'angoisse encore. C’est pourquoi cheminer vers l’acceptation de ne pas tout contrôler en ce moment est essentiel ; elle va nous permettre de nous reconnecter à une disponibilité mentale, à un état de paix intérieure qui nous permettra de voir les choses « d’en haut », d’avoir accès à notre créativité et de pouvoir mobiliser nos forces et nos ressources pour faire ce passage vers une « renaissance » à laquelle nous invite paradoxalement l’angoisse dans cette situation présente.

Et avancer dans la confiance.

C’est un fait, nous ne maîtrisons pas le ni le quand ni le comment, à cette heure où règne encore la confusion, d’une reprise d’activité économique et de notre retour à l’emploi.

Et cependant, si nous faisions de cette épreuve que nous traversons un tremplin d’opportunités de croissance personnelle et professionnelle ? Alors oui, nous pouvons nous décider de nous armer de patience et de courage quand bien même la peur rôde aux alentours. Osons prendre le risque d’accepter le paradoxe que l’homme ne se construit pas dans la sécurité quand bien même il en a besoin…

Alors comment faire ?

Pour ma part, je pense que c’est une question d’attitude, une manière de voir le monde, une façon de penser pour mieux agir qu’il me semble important de développer. Une forme de leadership sur soi-même pour mieux diriger ou manager ses équipes demain. Pour cela, je nous invite à faire de petits actes de confiance et agir dans ce sens :

Confiance en nos ressources et en «notre bonne étoile » (par exemple en relisant notre histoire de vie, considérons comment nous avons déjà dépassé des épreuves dans notre vie, en sachant que la confiance grandit et se développe au travers de nos expériences positives et réussies, faisons-en l’inventaire)

Confiance aux capacités immenses de l’homme à se recréer, à se relever (relisons l’histoire de l’humanité dans ses grandes transformations, regardons les frémissements et les petits signaux positifs tels la disponibilité des DRH et des recruteurs qui préparent activement le retour d’activité, tels les groupes de réflexions qui se constituent sur les réseaux sociaux comme par exemple Leaders éclairés, etc.)

Confiance en « la Vie » et/ou en ce "quelque chose ou quelqu’un » qui nous dépasse (en observant la puissance de résilience de la nature et sa beauté, en relisant comment la Vie nous a souri dans le passé, comment nous avons pu être surpris positivement par des inattendus)

Bref…Tout est en nous finalement ; pas forcément comme nous l’attendons c’est certain. Demain commence dans un nouvel aujourd’hui que nous pouvons décider de choisir.

Et si nous envisagions ce « demain » avec un acte de confiance dans un présent plus paisible, alors nous nous ouvrirons aux opportunités ; celles qui sont là (que nous n’avons pas encore pu voir) et celles qui seront là pour chacun(e) de nous demain.

Prenons exemple avec Mr Nelson Mandela qui du fond de sa prison de Robben Island, faisait sienne la citation de l’écrivain William Ernest Henley dans son poème Invictus :

« Je suis maître de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme ».

 

Luc Delage